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Une saison de machettes

✍ Scribed by Jean Hatzfeld


Publisher
Editions du Seuil
Tongue
French
Category
Library

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✩ Synopsis


Avec Dans le nu de la vie, rĂ©cits des marais rwandais, Jean Hatzfeld avait recueilli les rĂ©cits des rescapĂ©s tutsis du gĂ©nocide rwandais. AprĂšs de longs sĂ©jours sur place, dans la prison oĂč ils Ă©taient enfermĂ©s et jugĂ©s, il fait maintenant parler les acteurs hutus de ce gĂ©nocide des mĂȘmes collines. En l'occurrence une bande d'amis : cultivateurs, instituteurs, commerçants, qui, comme ils disent, sont allĂ©s " au boulot " ensemble, Ă  horaires rĂ©guliers. Des hommes qui ont, pendant plusieurs semaines, systĂ©matiquement " coupĂ© " leurs " avoisinants ", avec la claire idĂ©e de les faire totalement disparaĂźtre. Ils parlent ici de façon directe, sans souci d'attĂ©nuer leurs actes, mĂȘme s'ils ne peuvent comprendre leurs responsabilitĂ©s. Ils racontent les monstres qu'ils ont Ă©tĂ© et, de façon ahurissante, les hommes ordinaires qu'ils Ă©taient avant et qu'ils espĂšrent nous faire croire ĂȘtre redevenus. Jamais aucun " gĂ©nocidaire " du siĂšcle n'a tĂ©moignĂ© ainsi, ce qui fait d'Une saison de machettes un livre exceptionnel, unique, d'une force sans exemple.

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En 1994, au Rwanda, 800 000 Tutsis ont Ă©tĂ© massacrĂ©s, en douze semaines, par leurs concitoyens hutus. Soit prĂšs de 10.000 personnes par jour, principalement Ă  la machette. Jean Hatzfeld, journaliste Ă  LibĂ©ration, avait dĂ©jĂ  rendu compte de ce gĂ©nocide sans prĂ©cĂ©dent en donnant la parole aux rescapĂ©s des massacres de la rĂ©gion de Nyamata dans un tĂ©moignage bouleversant, Dans le nu de la vie. RĂ©cit des marais rwandais : sur une population de 59.000 personnes, 50.000 avaient Ă©tĂ© tuĂ©es par leurs voisins hutus. Dans Une saison de machettes, Jean Hatzfeld a retrouvĂ© une douzaine de ces assassins hutus, agriculteurs pour la plupart, en attente d’un jugement ou dĂ©jĂ  jugĂ©s dans la mĂȘme commune de Nyamata, et leur donne la parole. Adabert, Alphonse, Ignace, Elie, LĂ©opord, Jean-Baptiste, Pancrase, Pro, et les autres, racontent en toute bonne foi, "avec une Ă©norme franchise, souvent mĂȘme avec candeur", observe l’auteur, cette annĂ©e 1994 oĂč tout a basculĂ© aprĂšs l’assassinat du prĂ©sident rwandais. "On s’assemblait sur le terrain de foot en bande de connaissance, et on allait en chasse par affinitĂ©", "On pensait qu’on pouvait dĂ©sormais se dĂ©brouiller sans Dieu", expliquent-ils. Et de raconter comment eux, Hutus, s’armant de machettes, en se mettant Ă  piller, Ă  violer, Ă  tuer aussi systĂ©matiquement que fĂ©rocement, ont pris leur revanche sur l’ethnie des Tutsis qui avaient tenu les clefs du pouvoir pendant une longue pĂ©riode. Dans cette grande enquĂȘte sous forme de rĂ©cit, Hatzfeld analyse le processus du gĂ©nocide. Ou comment de simples agriculteurs, placĂ©s dans une situation exceptionnelle et encadrĂ©s par les autoritĂ©s locales, en sont venus Ă  massacrer leurs voisins, sans Ă©tat d’ñme, par conformisme, mais avec le souci de bien faire le "travail", jusqu’au bout. "Tuer Ă©tait moins Ă©chinant que cultiver", dit l’un. "Je tuais sans consĂ©quences, je m’adaptais sans problĂšme", se souvient un autre. À la fin du rĂ©cit, les douze hommes acceptent de poser pour une photo, comme une bande de copains. Nulle trace de repentir dans leur discours, ni de mauvaise conscience. RĂ©cit d’une prĂ©cision et d’une cruautĂ© glaçante, Une saison de machettes est un ouvrage essentiel qui force le lecteur, frappĂ© de stupeur, Ă  garder les yeux ouverts pour regarder en face la banalitĂ© du mal. --Denis Gombert --Ce texte fait rĂ©fĂ©rence Ă  une Ă©dition Ă©puisĂ©e ou non disponible de ce titre.

QuatriĂšme de couverture

ÉLie : «... Au fond, un homme c'est comme un animal, tu le tranches sur la tĂȘte ou sur le cou, il s'abat de soi. Dans les premiers jours, celui qui avait abattu des poulets, et surtout des chĂšvres, se trouvait avantagĂ©; ça se comprend. Par la suite, tout le monde s'est accoutumĂ© Ă  cette nouvelle activitĂ© et a rattrapĂ© son retard... Le boulot nous tirait les bras... ... Personne ne peut avouer l'entiĂšre vĂ©ritĂ©. Sauf Ă  se damner aux yeux des autres. Et ça, c'est trop grave. Mais un petit nombre commencent Ă  raconter des bouts terribles. C'est grand-chose... Les fauteurs savent plus que des souvenirs et des prĂ©cisions Ă©lĂ©mentaires, ils ont des secrets dans l'Ăąme... »

Il a toujours semblé que les tueurs d'un génocide, trop dépassés par l'énormité de leurs actes, ne pouvaient que mentir ou se taire. Dans un pénitencier prÚs de Nyamata, une bourgade rwandaise, l'auteur a rencontré un groupe de tueurs. Des copains, sans contact avec le monde extérieur et déjà condamnés. Au fil de mois de discussions, ils ont montré l'envie de raconter ce « brouhaha» de l'extermination, de dire précisément l'indicible. Pour renouer avec nous? Renouer avec les braves cultivateurs ou instituteurs qu'ils avaient été? Au plus prÚs du mal absolu, le génocide, qu'il soit juif, gitan ou tutsi, leurs récits et les réflexions de l'auteur apportent autant de questions que de réponses.

Jean Hatzfeld a écrit Dans le nu de la vie. Récits des marais rwandais. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.


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