Même si le sujet est grave, certainement autobiographique, il n′est pas l′essentiel du livre qui réside, plus certainement, dans l′exercice de style que l′auteur s′impose en ciselant des phrases qui coulent comme un frais ruisseau du Massif Central, nourries de mots choisis avec une grande précision
L'orphelin
✍ Scribed by Bergounioux, Pierre
- Book ID
- 110080794
- Year
- 1992
- Tongue
- French
- Weight
- 104 KB
- Category
- Fiction
No coin nor oath required. For personal study only.
✦ Synopsis

Même si le sujet est grave, certainement autobiographique, il n’est pas l’essentiel du livre qui réside, plus certainement, dans l’exercice de style que l’auteur s’impose en ciselant des phrases qui coulent comme un frais ruisseau du Massif Central, nourries de mots choisis avec une grande précision et parfois même une certaine originalité, même si quelques mots rares – affiquet, kraal, enfançon, riblon, … - sont utilisés sans parcimonie et peut-être même avec une certaine gourmandise. Ce brillant exercice s’applique à l’évocation d’une période difficile de la vie de l’auteur, le décès de son père qu’il avait déjà vu mourir, en rêve, vingt-huit ans auparavant, quand il était en colonie de vacances. « C’est là-bas que c’est produit ce qui, à treize ans, me mit dans le cas de voir mon père mort et de rester longtemps, un siècle durant, peut-être, sans savoir si je ne l’avais pas tué. » Et, depuis ce jour, il entretenait la culpabilité de n’avoir pas été là au moment où il fallait pour secourir ce père en grand danger. Le second deuil ravive la culpabilité qu’il éprouve déjà depuis son rêve morbide et le laisse seul devant un grand vide seulement peuplé de la malle qui contient les oripeaux du défunt comme seul héritage.

L'orphelin
Première parution en 1992
Collection
L'Imaginaire (n° 587),
Gallimard
Parution : 05-11-2009
«Il était cinq heures lorsque le téléphone a sonné. Je suis
souvent levé à cette heure où la nuit règne encore mais, ce matin-là, je
dormais et c'est en rêve que j'ai su que mon père était mort.
J'attendais
ce moment depuis le moment où j'ai appris que nous mourrons, tous, et
qu'il nous faut attendre. Il avait visité la place vingt-huit ans
auparavant, au début du mois de juillet de ma treizième année. Je
campais, sous la tente, à cinq cents kilomètres de la maison mais je
vois l'étroit vestibule, la pomme du premier balustre en chêne verni,
les deux portes latérales et l'amorce de l'escalier avec une telle
netteté qu'aujourd'hui encore, je m'y laisserais prendre. La scène ne
comporte aucune incongruité. Les portes sont à la bonne hauteur. Le bois
de la rampe a la couleur du chêne. Je discerne mal les traits de ceux
qui m'entourent mais cela se produit également de ce côté-ci quand on se
trouve aux prises avec une douleur extrême. En revanche, je vois mon
père étendu au pied du balustre. On a repêché son corps dans la Vézère.»
L'orphelin
Collection
Blanche,
Gallimard
Parution : 02-10-1992
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/L-orphelin
📜 SIMILAR VOLUMES
Version 51645 - 2013-04-16 10:20:10 -0400
Il s'appelle Claudi, il a quatre ans. Dernier survivant de Perdide, comment pourrait-il déjouer seul les dangers d'une planète qui a déjà tué sa famille, reconnaître les fruits empoisonnés, les fleurs vénéneuses et les grottes piégées ? Son dernier lien avec le monde des hommes est un émetteur-radi