Marceline Caïn : on eût dit qu'elle était mêlée de cendre, de sable et de sang. À quatorze ans, elle n'aimait rien ni personne qu'un gros lapin jaune-orange, touffu, qu'elle appelait Souci. Tous les matins, en cette fin de printemps déjà brûlante, Marceline à peine vêtue et lavée courait ouvrir la
Le musée noir
✍ Scribed by Mandiargues, André Pieyre de
- Book ID
- 107417363
- Publisher
- Chrissounet - TAZ
- Year
- 1946
- Tongue
- French
- Weight
- 110 KB
- Series
- Récits érotiques et fantastiques 4
- Category
- Fiction
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✦ Synopsis
Marceline Caïn : on eût dit qu'elle était mêlée de cendre, de sable et de sang. À quatorze ans, elle n'aimait rien ni personne qu'un gros lapin jaune-orange, touffu, qu'elle appelait Souci. Tous les matins, en cette fin de printemps déjà brûlante, Marceline à peine vêtue et lavée courait ouvrir la porte découpée dans le flanc de la caisse où l'on mettait à dormir Souci pendant la nuit.
Proche des surréalistes à ses débuts, ami d’André Breton, Mandiargues a taillé un univers frôlant avec le fantastique et un érotisme troublant, porté par une langue d’une extrême richesse et d’une beauté étrange que peu d’écrivains français ont su trouver. C’est certainement la raison pour laquelle ce très grand esthète de la langue française est si peu connu mais c’est aussi ce qui rend la découverte de ses œuvres si intéressante et déconcertante. Gallimard a choisi de rassembler dans sa collection quarto une dizaine de recueils sous le titre de récits érotiques et fantastiques.
Ses premiers recueils aux titres aussi énigmatiques que Dans les années sordides, Le musée noir ou Soleil des loups sont en réalité composés de nombreux textes de longueurs très diverses allant d’une demi page à plusieurs dizaines de pages. Ce sont d’étranges récits, parfois envoûtants, parfois totalement déroutants tant dans l’écriture, laquelle semble travaillée avec une recherche extrême du mot juste confinant à la maniaquerie et qui n’est pas sans rappeler celle de Julien Gracq, que dans le choix des sujets.
Car en fait d’érotisme ou de fantastique, il ne faut y chercher rien d’autre qu’une appréhension délicate et presque souterraine d’une réalité approchée par les infinis détails d’un monde minéral, végétal et animal où ceux-ci peuvent prendre la forme épouvantable de l’humain quand ce n’est pas ce dernier qui donne l’air de prendre chair dans la terre grouillante.
Ses textes extrêmement resserrés servis par des phrases d’une exactitude d’horloger se placent entre les poèmes en prose de Baudelaire et les nouvelles fantastiques d’Edgar Poe. Mais de ces deux auteurs, Mandiargues tire bien plus que la longueur des récits, il obtient une synthèse de la littérature gotico-fantastique anglo-saxonne du XIXe siècle que Baudelaire a magnifié et des poèmes du Spleen de Paris dans ce qu’ils ont gardé de l’aspect scandaleux des Fleurs du Mal, subjugués par l’expérience surréaliste.
L’œuvre de Mandiargues est de cette lignée obscure qui fait la lisière entre la littérature anglo-saxonne et la littérature française, où ont frayé les plus grands poètes du XIXe siècle, Nerval, Baudelaire, Verlaine dans certains poèmes saturniens et Villiers de l’Isle-Adam notamment. Une littérature étrange dans laquelle la réalité s’accouple au fantastique pour enfanter des formes nébuleuses et hybrides tels les androgynes de Nerval et qui, servie par une langue très pure, en fait une poésie remarquable.
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