Le romancier a vécu la guerre, y a été blessé, et rapporte des faits que ses collègues ont connus eux aussi : l’exécution des « poltrons », les récriminations contre les puissants « qui commandent cette société de désordre et de haine ». Mais là où Barbusse faisait des poilus des victimes d’une form
La flamme au poing
✍ Scribed by Malherbe, Henry
- Book ID
- 110063658
- Year
- 1917
- Tongue
- French
- Weight
- 752 KB
- Category
- Fiction
No coin nor oath required. For personal study only.
✦ Synopsis
La flamme qui donne son titre au livre est la flamme patriotique.
Rien de tel pour l’entretenir que de caricaturer vigoureusement
l’adversaire au prix des outrances les plus méprisables : « Sur ces
pentes, qui semblent nettes et solitaires, nous découvrons partout
l’ennemi, ses automobiles trapues et essoufflées, ses cavaliers lourds,
ses travailleurs hypocrites, souillants et dévastateurs. Le Teuton est
en désaccord perpétuel avec ce précieux paysage qui le rejette, le
dévoile et le renie, qui le désigne comme un malade montre l’abcès qui
le ronge ». Les prisonniers allemands ont droit à un portrait tout aussi sympathique : « Leurs
visages, aux paupières bridées, aux mâchoires lourdes, leurs mines
chafouines, leurs corps anguleux et roides donnent l’impression d’une
humanité inachevée, mal équarrie, poussée d’une bourrade hâtive jusqu’à
notre siècle ».
Par bonheur, nos défenseurs sont d’une autre trempe : « C’est
aujourd’hui qu’il est beau de combattre et d’oser. Après plusieurs mois
de guerre, seules les grandes âmes ne sont pas rassasiées. Ceux dont la
furie dure et qui allient la ruse actuelle à l’audace ancienne sont les
premiers des hommes. La réalité poignante, qui brûle depuis si longtemps
leurs regards, n’a pas découragé leur ambition glorieuse. On reste
confondu devant cette abnégation qui se fait subtile, devant cet
héroïsme tenace qui n’entame pas la conscience glacée par tant de
visions de férocité et de mort… D’une race comme la nôtre, nous pouvons
tout espérer ».
Le romancier a vécu la guerre, y a été blessé, et rapporte des faits que ses collègues ont connus eux aussi : l’exécution des « poltrons », les récriminations contre les puissants « qui commandent cette société de désordre et de haine ».
Mais là où Barbusse faisait des poilus des victimes d’une forme
d’organisation sociale, Malherbe les érige en héros de valeurs
abstraites, dans un style au lyrisme convenu : « Ces soldats
habillés d’un bleu clair, zébré de boue blonde, sont le ciel et le sol
de France en action. La terre mouvante et l’azur léger de la patrie ont
fait surgir à leur image ces défenseurs invincibles qui sont faits d’un
morceau de notre glèbe et d’un morceau de notre firmament ».
Cette année-là le choix des jurés a particulièrement bien collé à l’actualité de la nation.
Andreossi
📜 SIMILAR VOLUMES
Le livre décrit l'[enfance](http://fr.wikipedia.org/wiki/Enfance "Enfance") et l'[adolescence](http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolescence "Adolescence") du [narrateur](http://fr.wikipedia.org/wiki/Narrateur "Narrateur"), Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon. Ce dernier décrit ses rapports avec sa famille,