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Journal 1887—1892

✍ Scribed by RENARD, Jules


Tongue
French
Category
Fiction

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✦ Synopsis


















La jeunesse



Pierre-Jules RENARD naît le 22 février 1864 à
Châlons-du-Maine en Mayenne, par hasard : son père, François Renard
(1824-1897), est entrepreneur de travaux publics et travaille alors à la
construction du chemin de fer de Laval à Caen. Il a épousé le 8 octobre 1854
Anne-Rosa Colin, fille de Victor Colin, quincaillier à Langres, élevée par son
oncle Émile Petit, l'associé de François Renard. Le jeune Renard est le dernier
de la fratrie, après une fille aînée, Amélie (décédée en 1858), une seconde fille
également prénommée Amélie (née en 1859) et un troisième enfant, son frère
Maurice (né en 1862). La mère de Jules Renard a vingt-huit ans lors de la
naissance de son dernier enfant. Elle ne supporte plus son mari et elle aura la
même attitude envers son dernier fils.



En 1866, la famille s'installe à Chitry-les-Mines, lieu
de naissance de François Renard, le père de Jules, qui y devient maire. La
scolarité de Maurice et de Jules se déroule à Nevers, en pension. Jules est
reçu bachelier ès lettres en 1883 au lycée Charlemagne à Paris, mais il refuse
de se présenter au concours de l'École normale supérieure. « Je suis de la
vieille école, moi, de l'école qui ne sait pas lire », écrit-il dans son
ouvrage, Bucoliques.



Les débuts et le mariage de Jules Renard



Jules Renard ne connaît pas un succès immédiat comme
auteur : il fait nombreuses lectures, fréquente les milieux littéraires,
collabore à des journaux, publie des poèmes (Les Roses, plaquette publiée à
compte d'auteur en 1886) et des nouvelles (Crime de village en 1887 dans la
Revue de Paris
de Léo d'Orfer). Le début de son roman Les Cloportes caractérise
ces années au cours desquelles Jules survit grâce à la petite pension que lui
versent ses parents. Il habite, début 1888, l’Hôtel des Étrangers, 24 rue
Tronchet, près de sa fiancée, Marie Morneau (1871-1938), qui habite 44 rue du
Rocher (ce sera son adresse parisienne toute sa vie). En 1888, il conclut un
mariage de raison avec Marie, qui lui apporte une dot qui s'avère précieuse
pour lui, mais ce mariage se révèle heureux et améliore sa situation
financière. De cette union naissent un garçon, Jean-François (Fantec) en
février 1889 et une fille, Julie Marie (Baïe) en mars 1892.



Premiers succès



Lorsque, en 1889, de jeunes écrivains fondent le Mercure
de France, Renard est un des principaux actionnaires : il est à la fois
critique et prosateur, rédacteur en chef et administrateur. Le succès arrive
avec L'Écornifleur, publié en 1892, qui raconte l'histoire d'un littérateur
parasite. Alphonse Allais, Edmond Rostand, Courteline, les Goncourt, Tristan
Bernard, Lucien Guitry et Sarah Bernhardt font partie de son entourage. En
1894, il entre à la Société des gens de lettres et rédige Le Vigneron dans sa
vigne ainsi que Poil de Carotte. « Je cours les dangers du succès », note-t-il
dans son Journal qu'il rédige en 1897 et 1910, mais qui n'est publié que de
façon posthume, de 1925 à 1927, et constitue un témoignage précieux sur la vie
littéraire de la Belle Époque. Dans cette œuvre majeure dont la manuscrit a été
amputé puis brûlé par sa veuve, Jules Renard manifeste une grande lucidité, un
humour féroce qui cache une infinie tendresse mais aussi une misanthropie et
une certaine complaisance envers son malheur.



Renard et Rostand



En 1895, Renard se lie d'amitié avec Edmond Rostand ;
c'est une amitié difficile, mêlée d'envie qui, si elle ne gêne pas l'admiration
de Jules Renard pour Cyrano de Bergerac, se dévoile peu à peu dans le ton un
peu aigre de ses écrits. Dans un passage de son Journal, Jules Renard raconte
la première de Cyrano ; il y détecte immédiatement un chef-d'œuvre. Mais à son
enthousiasme se mêle aussitôt une tristesse littéraire : celle de n'avoir pas
réussi à faire aussi bien que Rostand. Renard connaîtra à son tour le succès,
en 1897, avec Le Plaisir de rompre (pièce à référence autobiographique, qui
évoque la rupture de Renard et de Danièle Davyle, pensionnaire de la
Comédie-Française après une liaison de plusieurs années, lorsque Renard s'est
marié. La pièce Le Pain de ménage (1898) est un nouveau succès, mais Edmond
Rostand n'assiste à aucune représentation, malgré l'insistance de Jules Renard.
Certains analyses, celles de Léon Guichard notamment, font état à cet égard de
l'admiration de Jules Renard pour Mme Rostand comme, dans la pièce, Pierre
admire Marthe.



Le militant républicain



À partir de 1896, Renard passe plusieurs mois par an à
Chaumot, proche de Chitry-les-Mines (Nièvre), dans une petite maison de curé
nommée La Gloriette. En 1897, son père, malade depuis quelque temps et se
sachant incurable, se suicide d'un coup de fusil de chasse en plein cœur. En
1900, Jules Renard accepte la Légion d'honneur et devient conseiller municipal
de Chaumot le 6 mai. Entre 1901 et 1903, il rédige de nombreux articles pour le
journal L'Écho de Clamecy : la tonalité est laïque, anticléricale et
républicaine. Succédant à son père, il devient maire de Chitry le 15 mai 1904.
Élu sur une liste républicaine, il s'engage dans la lutte contre l'ignorance et
une de ses mesures les plus spectaculaires sera la gratuité des fournitures scolaires.



Lors de l'affaire Dreyfus, il soutient Émile Zola et
critique sévèrement sa condamnation. Il se révèle un admirateur enthousiaste et
presque délirant de Victor Hugo.



Derniers honneurs



Jules Renard est élu membre de l'académie Goncourt en
octobre 1907, au fauteuil de Huysmans grâce à Octave Mirbeau, qui a dû menacer
de démissionner pour assurer son succès. Il prend sa nouvelle charge très au
sérieux et participe à toutes les réunions.



Sa mère, travaillée par le spectre de la folie, meurt en
1909 en tombant dans le puits de la maison familiale, accidentellement ou
suicidée. Jules Renard décède au 44 rue du Rocher d'artériosclérose à l'âge
de 46 ans. Il est enterré civilement le 27 mai 1910 à Chitry-les-Mines. Sa tombe
en forme de livre ouvert, que Jules Renard a fait tailler en 1900 après la mort
subite de son frère Maurice, est notamment entretenue par l’association « Les
Amis de Jules-Renard ».



En 1933, la place Jules-Renard dans le 17e arrondissement
de Paris est créée en hommage.



 




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