Cahiers secrets de la Ve Republique 1 1965-1977
✍ Scribed by Cotta, Michèle
- Publisher
- Fayard
- Year
- 2007
- Tongue
- French
- Weight
- 519 KB
- Category
- Fiction
- ISBN
- 2213659397
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✦ Synopsis
«Le lecteur ne trouvera ici que des choses vues, des événements vécus, des rencontres, des conversations au fil des jours. Je n'ai à aucun moment voulu faire oeuvre d'historienne. D'autres s'en sont chargés, se chargeront demain de retracer l'histoire de la Ve République, du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy. Ici, il ne s'agit que de journalisme, avec tout ce que ce mot contient d'immédiat, d'incomplet, de personnel, de subjectif.
«Quant aux lieux dans lesquels la plupart des propos rapportés dans ces pages ont été recueillis : il s'agit de l'Assemblée nationale le plus souvent et, plus largement, de ce quadrilatère "microcosmique" où, entre Matignon et l'Elysée, le Palais-Bourbon et celui du Luxembourg, entre les Finances et la Justice, ministres et commis de l'Etat se surveillent du coin de l'oeil, se sourient mais ne se pardonnent rien. Des congrès politiques, en marge des longs discours prononcés à la tribune par les uns tandis que les autres, dans les couloirs, se chargent de distiller leurs vérités. Des rédactions, enfin, où chacun échange son dernier tuyau. Car ces chroniques sont aussi, d'une certaine façon, celles des amis et amies journalistes qui m'ont accompagnée tout au long du parcours.
«Cette histoire commence donc dans l'été 1965. La première élection du président de la République au suffrage universel doit avoir lieu dans six mois. A gauche, le maire socialiste de Marseille, Gaston Defferre, s'est porté en première ligne. En retrait, François Mitterrand attend. A l'Elysée, le Général ne se sent pas menacé...»
Journaliste politique (presse, radio), dirigeante de chaîne publique, Michèle Cotta a été présidente de la Haute Autorité de l'audiovisuel (désormais CSA).
Extrait
Extrait de l'avant-propos :
Mon univers a basculé le jour où un vieil ami de mon père a donné à la petite fille que j'étais encore, comme cadeau d'anniversaire, le Journal d'André Gide. L'émerveillement fut immédiat. Ainsi donc, on pouvait écrire, tous les jours, ce qui vous passait par la tête ou le coeur, choses vues ou pensées secrètes, désirs inavoués ou banalités.
Je m'y exerçai aussitôt. Tout de suite le bonheur d'écrire chaque jour sur le même cahier d'écolier m'a submergée. Rien de plus précieux pour moi, la nuit tombée - sous mes couvertures, avec une lampe de poche pour échapper à la censure maternelle, lorsque j'étais enfant, plus confortablement par la suite, mais toujours la nuit, lorsque le téléphone a cessé de sonner, quand les maisons deviennent soudain silencieuses -, que de rédiger, en plusieurs pages ou sur quelques lignes, la chronique du jour.
Assez vite, c'est devenu un besoin. D'abord ce furent les révoltes de l'adolescence, sa confusion, ses interrogations existentielles qui me fournirent l'occasion de défoulements aussi inutiles qu'interminables. Puis le départ de Nice, la montée à Paris, les études, les nouvelles connaissances alimentèrent ces écrits quotidiens. L'entrée dans la vie professionnelle - à L'Express, en 1964 - a définitivement transformé en nécessité ce qui n'était qu'une irrépressible occupation.
Les cahiers, depuis 1965, sont toujours les mêmes : Clairefontaine, Oxford ou Velin d'Angoulême, il s'agit des mêmes gros carreaux, de la même marge rouge qui permet corrections, notes et surlignages.
Au fil du temps, ils ont envahi mes rayonnages. En plus de quarante ans, je n'en ai égaré qu'un, à l'occasion d'un déménagement. En revanche, il m'est arrivé, une seule fois dans ma vie, qu'un de mes cahiers ait été lu, en mon absence, par un proche trop curieux. Il me fallut six mois pour oublier le traumatisme de ce vol qui m'apparut alors comme un viol.
Parfois, il s'agit d'un texte rédigé avec le plus grand soin, comme destiné à une publication immédiate, ne nécessitant ni mise au point ni relecture supplémentaire ; parfois, au contraire, ce sont des notes hâtives, à l'écriture déformée par la rapidité, à peine compréhensibles, hélas trop souvent non datées. De temps en temps figurent, agrafées, collées ou «scotchées», des pages complémentaires, fruits d'une écriture diurne en l'absence du cahier resté sur la table de chevet ou au bureau. Sous une forme ou une autre, de 1965 à aujourd'hui, à l'exception de quelques mois, j'ai écrit sinon tous les jours, du moins plusieurs fois par semaine. Plus facilement lorsque, travaillant dans un hebdomadaire - L'Express ou Le Point -, le temps m'était laissé d'une narration quotidienne. Plus difficilement à la radio où la pression de l'instantané, le nombre des éditions, les horaires trop matinaux empêchent souvent la rédaction nocturne.
Biographie de l'auteur
Journaliste politique (presse, radio), dirigeante de chaîne publique, Michèle Cotta a été présidente de la Haute Autorité de l'audiovisuel (désormais CSA).
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